Le secret de la cicatrice royale qui a bouleversé tout un royaume
L'arène du destin
Le soleil de plomb de midi écrasait l'arène de pierre d'Orival. Au centre de la piste poussiéreuse, Rufio, l'intendant du royaume drapé dans sa somptueuse robe de cobalt et d'or, haranguait la foule immense. Sa voix forte résonnait contre les gradins bondés :
Celui qui tuera la bête recevra un kilo d'or du roi !Pour Silas, un jeune homme squelettique vêtu d'une simple chemise en lambeaux, cette annonce était sa seule issue. Mourir de faim dans les rues ou risquer sa vie sous les griffes d'un monstre pour une fortune, le choix était vite fait.
Lorsque les lourdes grilles de fer s'ouvrirent dans un grincement sinistre, Silas s'élança sur la terre battue. Un nuage de poussière s'éleva alors qu'une bête de pierre grise, massive et rugissante, fit son entrée. Ses yeux injectés de sang se fixèrent sur la silhouette fragile du jeune homme. Dans un élan de terreur pure, Silas recula, trébucha et, dans un geste désespéré pour respirer, écarta le col usé de sa chemise.
C'est à ce moment précis que le destin bascula. À la base de son cou, une cicatrice sombre, dentelée et profonde, apparut sous la lumière crue du soleil. Sur la tribune royale, le roi Charles, un homme d'âge mûr à la barbe poivre et sel, se leva brusquement de son trône sculpté. Sa couronne de fer vacilla. Ses yeux se fixèrent sur la marque avec une incrédulité mêlée d'effroi. D'une voix tremblante qui fit taire la foule entière, il murmura :
Cette marque a disparu avec mon fils.
”D'une voix tremblante qui fit taire la foule entière, il murmura : Cette marque a disparu avec mon fils.