Condamnée à tort, elle affronte la loi des prisons pour retrouver sa dignité
Le choc de la cour
Le soleil de plomb de juillet écrasait le centre pénitentiaire, transformant la cour de promenade en une arène étouffante. La poussière s'élevait à chaque souffle de vent, se collant à la peau moite des détenues. Au centre de cet espace délimité par de hauts grillages surmontés de barbelés acérés, Clara s'efforçait de faire abstraction de la réalité. Les cheveux blonds attachés en une queue-de-cheval désordonnée, elle enchaînait les pompes dans la poussière, le corps tendu par l'effort et la rage de l'injustice.
Soudain, une ombre massive s'est projetée sur elle. Avant que Clara ne puisse réagir, un seau d'eau saumâtre et tiède s'est déversé sur mon dos, trempant ses vêtements et souillant la terre battue sous elle. Un rire rauque a retenti.
« Je te laisse trois coups d'avance. Si tu tiens, cette place est à toi », a lancé Brigitte d'un ton provocateur.
Brigitte, une détenue trapue au crâne rasé, régnait en tyran sur la cour. Autour d'elles, le silence s'est fait un court instant, avant que les autres prisonnières ne forment un cercle serré, excitées par l'imminence de l'affrontement. Clara s'est relevée d'un bond, essuyant d'un revers de manche l'eau sale qui coulait sur son visage.
Brigitte n'a pas attendu. Elle a décoché un violent coup de poing direct visant la tempe de la jeune femme. Mais Clara, forte de ses années de préparation physique, a esquivé d'un mouvement fluide. Passant sous le bras de son adversaire, elle a riposté par un crochet fulgurant en plein menton.
« Défonce-la ! » ont hurlé les spectatrices en transe.
Folle de rage, Brigitte s'est jetée en avant pour attraper Clara au corps à corps, cherchant à l'étouffer sous son poids. Ses mains puissantes ont agrippé le t-shirt de Clara. Sans paniquer, cette dernière a pivoté sur ses appuis et a asséné un coup de genou dévastateur dans l'estomac de Brigitte. La colosse s'est effondrée dans la boue, le souffle coupé.
La foule a explosé en acclamations tandis que Clara, respirant bruyamment, se tenait au-dessus d'elle. À distance, une surveillante en chef observait la scène, impassible.
”À distance, une surveillante en chef observait la scène, impassible.