Le cercueil de ma mère allait être scellé, mais j'ai commis l'irréparable
Dans la pénombre glaciale de la chambre funéraire de notre petite ville de province, l'air était lourd du parfum entêtant des lys et de la mort. Jessica se tenait debout, presque irréelle au milieu de ce décor de deuil, vêtue de sa combinaison de mécanicienne orange encore maculée de graisse. Elle venait de quitter son atelier en catastrophe, portée par un pressentiment terrible qui lui broyait les entrailles depuis l'annonce du décès de sa mère, Élisabeth.
Un geste de pure folie
Face à elle, le cercueil en bois blanc immaculé reposait sur des tréteaux de métal. Michel, le directeur de l'établissement, ajustait ses lunettes d'un geste solennel, prêt à sceller définitivement la dernière demeure d'Élisabeth. À quelques pas, la tante Béatrice, drapée dans un manteau noir, feignait de pleurer, son regard fuyant trahissant une agitation nerveuse. C'est alors que Jessica remarqua un infime détail : une infime condensation sur la paroi vitrée intérieure du capiton. Un souffle. Sa mère respirait.
« Attendez ! » hurla Jessica, sa voix brisant le silence sacré de la pièce.
Avant que quiconque puisse réagir, la jeune femme brandit une lourde hache d'urgence qu'elle avait récupérée dans sa dépanneuse. D'un geste rageur et désespéré, elle l'abattit sur le couvercle de bois. Les éclats de bois blanc volèrent dans toute la pièce, manquant de blesser le croque-mort.
« Qu'est-ce que vous faites ?! Vous avez perdu la tête ?! » hurla Michel, reculant de terreur devant la fureur de la jeune femme.
Les larmes inondant son visage, Jessica frappa à nouveau, brisant les charnières métalliques. Elle était hors d'elle, guidée par une force surhumaine.
« Elle n'est pas morte ! Je vous jure qu'elle respire ! » cria-t-elle, la voix brisée par l'hystérie.
Dans l'ombre, le visage de Béatrice se décomposa instantanément. Elle recula d'un pas, murmurant un faible et terrifié :
« Non... ce n'est pas possible... »
Soudain, un silence de plomb retomba sur la pièce. Et puis, venant des profondeurs du cercueil endommagé, un bruit sourd s'éleva. Deux coups nets contre le bois. Michel blêmit, le regard fixé sur la fente.
« Vous avez entendu ? » murmura-t-il, le souffle coupé.
”Michel blêmit, le regard fixé sur la fente.« Vous avez entendu ? » murmura-t-il, le souffle coupé.