Secondes chances · Histoire

Le jour où ce motard mystérieux m'a sauvé des brutes de mon lycée

Le jour où ce motard mystérieux m'a sauvé des brutes de mon lycée — Partie 1
Image tirée de la vidéo originale

La terreur sous la pluie

La pluie d’automne tombait sans relâche sur la cour du lycée, transformant le goudron en un miroir sombre et glissant. Pour Romain, chaque goutte d’eau semblait peser une tonne. Il était là, à genoux sur l’asphalte humide, le souffle court, le regard fixé sur ses affaires scolaires éparpillées dans une flaque d’eau boueuse. Au-dessus de lui se tenait Lucas, le capitaine de l'équipe de rugby du lycée, vêtu de son blouson de club impeccable. Lucas affichait ce sourire cruel qui le caractérisait tant, savourant sa supériorité devant une foule d'élèves silencieux et passifs. Personne n'osait intervenir.

« Alors, Romain, on ne sait plus tenir debout ? » ricana Lucas en jetant un coup de pied dans le sac à dos du jeune homme, envoyant ses cahiers d'exercices glisser un peu plus loin sous la pluie. Les rires étouffés du groupe de flatteurs qui entourait la brute résonnèrent comme une insulte supplémentaire. Romain sentit les larmes lui monter aux yeux, une boule de colère et d'impuissance lui serrant la gorge.

C’est à ce moment précis qu’un grondement sourd déchira l’atmosphère pesante de la cour. Un bruit de moteur puissant, lourd et métallique, qui fit vibrer les vitres des salles de classe environnantes. Les têtes se tournèrent à l'unisson vers la grande grille d’entrée. Une moto vintage chromée venait de franchir le portail à vive allure. Son phare avant, d'un blanc aveuglant, perçait la grisaille de l'après-midi.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » marmonna un des complices de Lucas, faisant un pas en arrière.

Le motard stoppa sa machine dans un dérapage contrôlé, juste entre Romain et ses agresseurs. Il coupa le contact, plongeant la cour dans un silence soudain et presque irréel. D'un geste lent et calculé, l'inconnu retira son casque, révélant un visage aux traits durs, marqué par une barbe de trois jours et des cheveux sombres plaqués en arrière. Ses yeux noirs, empreints d'une colère froide, se posèrent d'abord sur Romain, puis se fixèrent sur Lucas.

Baptiste descendit de sa moto, sa haute stature dominant immédiatement la scène. Il s'avança d'un pas lourd vers Lucas. Le caïd du lycée, d'ordinaire si fier, parut soudain bien petit. Baptiste le fixa droit dans les yeux et, d'une voix basse, calme mais terriblement menaçante, prononça ces mots :

« Recule, pauvre type. Ça suffit. Rends-le, tout de suite. »

Rends-le, tout de suite. »