Le secret d'une codétenue de 74 ans bouleverse le destin d'une innocente
L'enfer de béton et de fer
Le soleil de l'après-midi plombait impitoyablement la cour d'exercice du centre pénitentiaire de Fresnes. Entourée de hauts murs de béton gris surmontés de barbelés acérés, Mégane tentait d'apprivoiser son nouveau quotidien d'innocente condamnée. À trente-deux ans, cette ancienne instructrice de self-défense n'avait rien à faire dans cet enfer, mais le destin en avait décidé autrement. Elle marchait seule, le regard bas, vêtue d'un survêtement bleu marine réglementaire qui flottait sur sa silhouette athlétique.
Soudain, un sifflement strident déchira l'air lourd. Un ballon de basket, propulsé avec une haine évidente, fonçait droit sur sa tempe. Instinctivement, Mégane esquiva le projectile d'une roulade fluide. Le ballon alla s'écraser lourdement contre la grille métallique derrière elle. À quelques pas de là, Gisèle, une frêle détenue de soixante-quatorze ans au visage marqué par les épreuves, accourut vers elle d'un pas tremblant.
« Beau réflexe, la nouvelle ! Bienvenue sur le terrain », murmura la vieille dame en lui tendant une main bienveillante.
Mais ce geste d'humanité fut de courte durée. Fabienne, une force de la nature de quarante-deux ans qui régnait par la terreur sur la cour, s'avança d'un pas menaçant. Son visage porcin était déformé par la colère de voir son autorité contestée. Voyant la brute s'approcher de Mégane, la courageuse Gisèle s'interposa, tendant ses bras maigres comme un rempart dérisoire.
« Ne lui fais pas ça ! » cria la septuagénaire d'une voix chevrotante mais ferme.
D'un revers de main brutal, Fabienne projeta la vieille dame au sol. Le corps frêle de Gisèle heurta le bitume avec un bruit mat. En entendant le gémissement de douleur de l'aînée, une fureur froide s'empara de Mégane. Le regard noir, elle se redressa. L'heure n'était plus à la discrétion. Évitant avec une agilité déconcertante la charge sauvage de Fabienne, Mégane enchaîna une série de frappes d'une précision chirurgicale. Un crochet au foie, un direct au menton, et enfin, un coup sec au niveau de la gorge. La brute s'effondra, inconsciente, sous les yeux stupéfaits des autres détenues.
”La brute s'effondra, inconsciente, sous les yeux stupéfaits des autres détenues.