J'ai brisé le cercueil de ma sœur à la hache pour prouver sa survie
La lumière stérile et crue du salon funéraire municipal conférait à la scène une atmosphère presque irréelle. Au milieu des rangées de chaises où se pressaient des proches vêtus de noir, le cercueil en chêne massif d'Amélie trônait sur son piédestal de marbre. Pour l'assistance, l'heure était au recueillement. Mais pour Claire, qui venait de faire irruption dans la salle encore vêtue de son uniforme orange et jaune de secouriste, chaque seconde comptait.
Quelques minutes plus tôt, un appel anonyme en provenance de la morgue l'avait alertée sur les incohérences du rapport de décès de sa sœur. Refusant de croire à la fatalité, Claire s'était précipitée au chevet de la défunte. En posant son oreille contre la paroi vernie du cercueil scellé, son sang s'était glacé : un léger grattement, suivi d'un souffle désespéré, résonnait de l'intérieur.
Le murmure d'outre-tombe
« Elle est vivante ! Je vous jure qu'elle respire ! » hurla Claire, la voix brisée par l'angoisse.
Face à l'incrédulité générale et aux protestations outrées d'Arthur, le mari d'Amélie, Claire n'écouta que son instinct. Se saisissant d'une lourde hache de secours fixée au mur du couloir, elle revint dans la nef sous les cris d'effroi des invités. D'un geste rageur et désespéré, elle abattit le fer sur le bois précieux. Les éclats de vernis volèrent sous la violence du choc.
Alors qu'Arthur tentait de la ceinturer en criant à la folie, un murmure parcourut l'assemblée lorsqu'un invité s'écria : « Regardez-la ! Elle n'est pas morte ! » Encouragée par ce doute soudain, Claire redoubla d'efforts, brisant le couvercle à mains nues malgré les échardes qui lui lacéraient les doigts. C'est alors que de l'obscurité de la boîte, une main livide et tremblante s'éleva vers la lumière. Claire recula, suffoquée par l'horreur et le soulagement, implorant la foule de lui venir en aide.
”Claire recula, suffoquée par l'horreur et le soulagement, implorant la foule de lui venir en aide.