Il n'est pas mort ! Le chirurgien découvre l'horreur dans la morgue et confronte le pathologiste.
L'Horreur dans la Morgue
La nuit était tombée sur l'hôpital Saint-Jude, mais le calme n'était qu'une illusion. Une urgence m'avait arraché à mon sommeil : un grave accident de la route. Alors que je me précipitais vers la salle d'opération, le Dr Victor, le pathologiste en chef, a croisé mon chemin. Son regard était plus froid que jamais, son silence anormalement lourd. Il a bredouillé quelque chose sur la fatigue, les erreurs possibles, mais mon esprit était ailleurs, concentré sur la vie que je devais sauver.
Une fois l'opération terminée avec succès, un appel inattendu m'a dirigé vers la morgue. Une patiente, une jeune femme de 26 ans, transportée d'urgence après un malaise, venait, disait-on, de succomber. Victor m'attendait près du brancard, son air sinistre accentué par l'éclairage blafard des néons vacillants de cette morgue souterraine. L'odeur âcre du désinfectant et du froid me piquait les narines, tandis que les murs carrelés luisaient, témoins muets des secrets enfouis.

« Attendez ! » ai-je lancé, le souffle court, en franchissant les lourdes portes. Victor s'est immobilisé, un instrument à la main. J'ai couru vers le brancard, mon cœur martelant ma poitrine. Le linceul translucide laissait deviner une silhouette pâle. « Mon Dieu ! Qu'est-ce que vous faites ? » ai-je murmuré, horrifié, mes yeux fixés sur le plateau d'instruments chirurgicaux. Des larmes de choc brouillaient ma vision. Elle était là, devant moi, et il semblait prêt à… à commencer une autopsie ?
« Vous avez perdu la tête ? » ai-je hurlé, me rapprochant de lui, ma colère montant. Les veines de mon cou palpitaient sous l'adrénaline. Son regard était vide, impénétrable. Il ne broncha pas. Puis, mon regard s'est posé sur le doigt de la patiente. Un léger mouvement, un spasme infime, presque invisible. « Elle n'est pas morte ! » ai-je asséné, la voix tremblante d'une rage mêlée d'incrédulité.
Victor a esquissé un sourire glacial. « Non. » Son regard s'est fait condescendant, presque moqueur. Il a resserré sa prise sur la poignée du brancard. « Elle ne l'est pas. »
Un frisson m'a parcouru. Quel était son jeu ? Pourquoi ce mensonge ? Pourquoi cette mise en scène macabre ? J'ai reculé d'un pas, paralysé par l'horreur grandissante. Mes yeux se sont alors fixés sur la main de la patiente. J'ai entendu un faible bruit, un cliquetis métallique, puis… un souffle rauque, un râle étouffé. Ses doigts se sont recroquevillés, lentement, douloureusement. J'ai hoqueté. « Vous avez entendu ça ? » Victor a figé, sa suffisance s'évaporant. Une terreur soudaine a envahi son regard. Il savait. Il savait que j'avais compris. Le murmure de la patiente s'est intensifié, puis une main pâle s'est agrippée au brancard, les ongles raclant l'acier froid.
”Le murmure de la patiente s'est intensifié, puis une main pâle s'est agrippée au brancard, les ongles raclant l'acier froid.