Accusée à tort par l'homme qu'elle aimait, son destin bascule devant les soldats
Une tension insoutenable sous la pluie
Le ciel de ce mardi d'octobre était d'un gris de plomb, déversant une pluie fine et glaciale sur le parking du lycée de province. Près de la grille en acier et du bus scolaire jaune, Manon luttait pour garder son équilibre. Enveloppée dans son imperméable jaune vif, elle s'appuyait lourdement sur ses béquilles, sa jambe droite enserrée dans un plâtre blanc. Chaque mouvement lui rappelait la douleur de sa chute, mais surtout la trahison de celui qu'elle aimait.
Romain l'attendait de pied ferme. Vêtu de son blouson de sport bleu marine, les cheveux blonds trempés par l'averse, il affichait un visage fermé, presque menaçant. Il s'est approché d'elle, réduisant l'espace entre eux jusqu'à ce qu'elle sente son souffle froid. Au même moment, une patrouille de soldats de l'armée française, déployée dans le cadre de la sécurité renforcée, est passée juste derrière eux. Leurs treillis camouflés et leurs armes contrastaient violemment avec le décor scolaire.
« Tu as vraiment cru que tu pouvais me dénoncer, Manon ? » murmura Romain, les yeux écarquillés par une rage contenue.
Manon sentit une vague de terreur l'envahir. Elle se souvint de la bousculade près de l'escalier, de la menace qu'il avait proférée à l'hôpital. Romain n'était plus le garçon attentionné qu'elle connaissait ; il était devenu un prédateur prêt à tout pour protéger son secret. Une larme solitaire coula sur sa joue mouillée par la pluie. Elle tenta de reculer, mais ses béquilles glissèrent légèrement sur le goudron humide. Tremblante, elle put à peine articuler un murmure désespéré :
« Non... s'il te plaît, Romain. »
”s'il te plaît, Romain. »