Derrière les barreaux, elle a tendu la main à sa pire ennemie pour survivre
Une rencontre sous haute tension
Le centre pénitentiaire de Réau imposait sa silhouette de béton gris sous un ciel d'automne lourd et menaçant. Dans la cour de promenade, entourée de hauts grillages surmontés de barbelés acérés, l'atmosphère était électrique. Les détenues se regroupaient par affinités, mais ce jour-là, tous les regards étaient tournés vers le centre de la cour. Brigitte, une femme imposante au regard dur et aux cheveux blonds coupés court, faisait face à Sarah.
Sarah, plus frêle, arborait des tatouages discrets sur les bras, stigmates d'une vie passée à lutter. Vêtue d'un jogging gris réglementaire identique à celui de son adversaire, elle gardait un calme apparent qui contrastait avec la fureur bouillonnante de Brigitte. Cette dernière, poussée par des rumeurs savamment orchestrées au sein de la prison, cherchait à asseoir définitivement sa domination sur la nouvelle arrivante.
« Voyons combien de coups ton joli visage peut encaisser », a ricané Brigitte, un sourire cruel déformant ses traits.
Sans attendre de réponse, Brigitte a lancé un coup de poing direct, lourd et puissant, visant le visage de Sarah. Mais Sarah n'était pas une proie facile. Grâce aux réflexes acquis durant des années de pratique de la légitime défense, elle a esquivé le coup d'un mouvement fluide de la tête. Profitant du déséquilibre de son assaillante, Sarah s'est jetée au corps-à-corps. Elle a verrouillé les bras de Brigitte avant de lui asséner un coup de genou précis et vigoureux en plein abdomen.
Le souffle coupé, terrassée par la douleur, la colosse s'est effondrée à genoux sur le béton rugueux de la cour. Un silence de mort s'est abattu sur l'assistance. Alors que tout le monde s'attendait à ce que Sarah poursuive son attaque, cette dernière s'est arrêtée. Elle a calmement tendu une main ouverte vers Brigitte pour l'aider à se relever.
« On peut arrêter ça tout de suite », a murmuré Sarah d'une voix posée. « Personne n'a besoin d'être blessé. »
”« Personne n'a besoin d'être blessé. »