Le garçon d'honneur court vers la servante en criant « maman » devant les invités.
L'éclat des faux-semblants
Sous les plafonds peints et les dorures majestueuses d'un célèbre château situé non loin de Versailles, la réception de mariage battait son plein. La fine fleur de l'aristocratie française s'était réunie pour célébrer l'union d'Antoine de Valois et de la richissime Chloé. Les lustres en cristal de Bohême projetaient une lumière chaude et scintillante sur les centaines d'invités vêtus de leurs plus beaux atours. Pourtant, derrière ce décor de conte de fées, une tension invisible flottait dans l'air.
Le petit Mathis, âgé de seulement trois ans, déambulait sur le sol de marbre poli. Vêtu d'un minuscule costume gris anthracite qui imitait celui des adultes, le petit garçon semblait perdu au milieu de cette foule d'inconnus. Les demoiselles d'honneur, vêtues de somptueuses robes en velours champagne, tentèrent de capter son attention. L'une d'elles, Julie, s'agenouilla gracieusement sur le tapis rouge et lui tendit les bras avec un sourire affectueux :
« Viens par ici, mon chéri. Ne t'éloigne pas de la fête. »
Mais l'enfant s'arrêta net. Il fronça ses petits sourcils, un air de profonde confusion peint sur son visage d'ange. Un timide murmure s'échappa de ses lèvres :
« Hein ? »
Se détournant des demoiselles d'honneur, Mathis balaya la salle du regard. C'est alors qu'il aperçut Élena. La jeune femme se tenait près des grandes portes dérobées, vêtue de son uniforme gris sombre de domestique, un plateau d'argent tremblant entre ses mains. Lorsque leurs yeux se croisèrent, un éclair de reconnaissance pure traversa le regard du petit garçon. Sans hésiter une seconde, Mathis se mit à courir vers elle, ses petits souliers claquant sur le marbre.
Prise de panique face aux regards qui commençaient à se tourner vers elle, Élena tenta de reculer, mais Mathis fut plus rapide. Il jeta ses bras autour de ses genoux, s'agrippant à son tablier blanc de toutes ses forces, et s'écria avec une joie immense :
« Maman ! »
Un silence de mort s'abattit instantanément sur la grande salle du château, interrompant les rires et la musique.
”»Un silence de mort s'abattit instantanément sur la grande salle du château, interrompant les rires et la musique.